{"id":544,"date":"2018-02-14T18:04:00","date_gmt":"2018-02-14T18:04:00","guid":{"rendered":"https:\/\/imsli.org.ma\/new\/nproject\/mariage-des-mineures-les-chiffres-reculent-les-mentalites-resistent\/"},"modified":"2021-09-13T16:29:26","modified_gmt":"2021-09-13T16:29:26","slug":"mariage-des-mineures-les-chiffres-reculent-les-mentalites-resistent","status":"publish","type":"nproject","link":"https:\/\/imsli.org.ma\/new\/nproject\/mariage-des-mineures-les-chiffres-reculent-les-mentalites-resistent\/","title":{"rendered":"Mariage des mineures: Les chiffres reculent, les mentalit\u00e9s r\u00e9sistent"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone  wp-image-993\" src=\"https:\/\/imsli.org.ma\/new\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/IMG_0002-270x180.jpg\" alt=\"\" width=\"476\" height=\"317\" srcset=\"https:\/\/imsli.org.ma\/new\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/IMG_0002-270x180.jpg 270w, https:\/\/imsli.org.ma\/new\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/IMG_0002-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/imsli.org.ma\/new\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/IMG_0002-768x512.jpg 768w, https:\/\/imsli.org.ma\/new\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/IMG_0002-1536x1024.jpg 1536w, https:\/\/imsli.org.ma\/new\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/IMG_0002-555x370.jpg 555w, https:\/\/imsli.org.ma\/new\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/IMG_0002-1110x740.jpg 1110w, https:\/\/imsli.org.ma\/new\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/IMG_0002-600x400.jpg 600w, https:\/\/imsli.org.ma\/new\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/IMG_0002-1200x800.jpg 1200w, https:\/\/imsli.org.ma\/new\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/IMG_0002.jpg 1920w\" sizes=\"auto, (max-width: 476px) 100vw, 476px\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u00c9crit par\u00a0Salaheddine LEMAIZI\u00a0<time datetime=\"2018-02-13T11:47:31+00:00\">Publication : 13 f\u00e9vrier 2018, paru sur\u00a0<em>les\u00e9co<\/em><\/time><\/p>\n<p><strong>Dans les villages de la province d\u2019Azilal, l\u2019association Voix de la femme amazighe (VFA) m\u00e8ne une campagne de sensibilisation et de plaidoyer pour mettre fin aux mariages des mineures.\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><span id=\"cch_f24516994d453ea\" class=\"_mh6\">Nous sommes en 2018, les villages d\u2019Azilal continuent de vivre une autre \u00e9poque, hors du temps de celle du reste du Maroc. Les chutes de neige bloquent l\u2019acc\u00e8s \u00e0 des dizaines de villages. Les autorit\u00e9s locales acheminent les denr\u00e9es alimentaires par h\u00e9licopt\u00e8res. Les autorit\u00e9s sanitaires, aid\u00e9es par les h\u00e9licopt\u00e8res de la gendarmerie royale, transportent les personnes souffrantes depuis ces villages enclav\u00e9s. Dans ces m\u00eames villages de la province, le mariage des mineurs demeure monnaie courante. L\u2019ONG Voix de la femme amazighe (VFA) a fait le pari de changer ces mentalit\u00e9s. Une bataille qui n\u2019est ni gagn\u00e9e, ni perdue mais n\u00e9cessaire d\u2019\u00eatre men\u00e9e.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><span id=\"cch_f24516994d453ea\" class=\"_mh6\"><strong>Pauvret\u00e9 et abandon scolaire<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span id=\"cch_f24516994d453ea\" class=\"_mh6\"><br \/>\nRabi\u00e2 fait partie des centaines de filles de ces villages d\u2019Azilal \u00e0 subir un mariage de mineurs. Elle s\u2019est mari\u00e9e et a eu son enfant \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 15 ans. \u00abJ\u2019ai accept\u00e9 de me marier avec un jeune homme de mon village. Au d\u00e9part, c\u2019\u00e9tait avec mon accord. Lui et sa famille n\u2019ont pas voulu signer l\u2019acte de mariage. Il a abus\u00e9 de moi. J\u2019ai eu enfant de lui. C\u2019\u00e9tait pour moi un traumatisme, j\u2019ai tent\u00e9 de me suicider \u00e0 trois reprises. Sans le soutien de mon p\u00e8re, je n\u2019aurai jamais pu m\u2019en sortir. Aujourd\u2019hui, j\u2019\u00e9l\u00e8ve mon enfant seule et je revendique la reconnaissance de mon enfant\u00bb. C\u2019est par ce t\u00e9moignage poignant qu\u2019a d\u00e9marr\u00e9 la session de formation des journalistes de m\u00e9dias locaux et nationaux, tenue les 10 et 11 f\u00e9vrier \u00e0 Bin Louidane dans la province d\u2019Azilal. En \u00e9coutant ce nouveau t\u00e9moignage Hadda Khiraoui, membre de VFA et originaire de la r\u00e9gion, s\u2019effondre en larmes. Pour cette militante f\u00e9ministe, ces filles mineures sont victimes de la pauvret\u00e9 dans la r\u00e9gion. Elle s\u2019indigne face au paradoxe d\u2019une r\u00e9gion \u00abtr\u00e8s riche par ses ressources naturelles mais tr\u00e8s pauvre\u00bb. Dans son action de plaidoyer, cette association a men\u00e9 une enqu\u00eate de terrain. L\u2019\u00e9tude de VFA rappelle \u00abl\u2019isolement et la marginalisation dus aux politiques publiques du gouvernement et des collectivit\u00e9s territoriales\u00bb. Et d\u2019ajouter : \u00abToutes ces raisons m\u00e8nent \u00e0 la d\u00e9perdition scolaire qui est la premi\u00e8re cause du mariage des mineurs\u00bb. Les statistiques locales de ce ph\u00e9nom\u00e8ne recens\u00e9es dans la province d\u2019Azilal refl\u00e8tent une situation \u00e0 l\u2019\u00e9chelle nationale. Et cette r\u00e9sistance affich\u00e9e par les tuteurs de vouloir marier leurs filles mineures. Ces mentalit\u00e9s sont aujourd\u2019hui encourag\u00e9es par le taux de r\u00e9ponses positives des juges dans la province (91%), un niveau similaire \u00e0 celui enregistr\u00e9 au niveau national (85%). Au niveau national, les juges ont donn\u00e9 leurs accords pour 35.500 mariages de mineurs en 2015. Les demandes de mariage des filles mineures enregistr\u00e9es en 2015 ont atteint 414 demandes, dont 377 ont \u00e9t\u00e9 recevables par les juges du Tribunal de 1re instance d\u2019Azilal. Les magistrats du district local ont rejet\u00e9 uniquement 27 demandes. En 2016, le nombre de demandes de mariage de filles mineures baisse pour atteindre 330 demandes : 286 demandes ont \u00e9t\u00e9 recevables contre 44 rejet\u00e9es. L\u2019\u00e9tude note \u00abl\u2019existence d\u2019un courant dominant dans la justice qui veut lever l\u2019\u00e2ge minimal pour marier les mineures afin d\u2019atteindre 17 ans au lieu de 16 ans\u00bb. La scolarit\u00e9 des filles est un facteur d\u00e9terminant aux yeux des juges. \u00abIl faut souligner que plusieurs d\u00e9cisions judiciaires d\u2019autorisation pour marier des filles mineures, indiquent que celles-ci ne pratiquent aucun travail et ne poursuivent pas leurs \u00e9tudes, parfois m\u00eame les parents d\u00e9clarent qu\u2019elles ont d\u00fb quitter l\u2019\u00e9cole. C\u2019est parce que dans d\u2019autres cas, le juge de la famille a rejet\u00e9 des demandes de mariages de filles qui fr\u00e9quentent l\u2019\u00e9cole\u00bb, constate cette m\u00eame \u00e9tude. Le taux de scolarit\u00e9 des filles dans la province est de 89%. \u00c0 peine 25% des filles de la province atteignent compl\u00e8tement le niveau primaire. Ce taux baisse dramatiquement au niveau du coll\u00e8ge o\u00f9 7% des filles bouclent ce cycle, sans parler du lyc\u00e9e. 3,5% de l\u2019ensemble des filles de la province ont compl\u00e9t\u00e9 le secondaire qualifiant. Face \u00e0 ces chiffres, H. Khiraoui insiste sur la responsabilit\u00e9 de l\u2019\u00c9tat : \u00abL\u2019\u00c9tat doit intervenir pour combattre la discrimination et fournir les n\u00e9cessit\u00e9s de vie et de d\u00e9veloppement pour la population de ces r\u00e9gions enclav\u00e9es d\u2019o\u00f9 ces filles sont issues\u00bb. En conclusion de son \u00e9tude, l\u2019association mart\u00e8le ce message : \u00abLe ph\u00e9nom\u00e8ne du mariage des enfants est synonyme de vuln\u00e9rabilit\u00e9 et de dysfonctionnement de l\u2019\u00c9tat qui manque \u00e0 ses obligations pr\u00e9vues dans l\u2019article 54 du Code de la famille sur la responsabilit\u00e9 de l\u2019\u00c9tat \u00e0 prendre les mesures n\u00e9cessaires pour la protection des enfants et leurs droits conform\u00e9ment \u00e0 la loi\u00bb. \u00c0 travers cette \u00e9tude, l\u2019association Voix de la femme amazighe entend mobiliser la soci\u00e9t\u00e9 civile et surtout les juges de la province.<\/span><\/p>\n<hr \/>\n<p><em><span class=\"_mh6\"><strong>Mohssine Benzakour,<\/strong><br \/>\npsychosociologue<\/span><\/em><\/p>\n<p><em><span class=\"_mh6\">Pour moi, l\u2019\u00e2ge du mariage tel que d\u00e9fini par la Moudawana ne fait pas sens. Le mariage ne doit pas \u00eatre fix\u00e9 selon le crit\u00e8re de l\u2019\u00e2ge mais selon les capacit\u00e9s psychologiques et sociales de la fille. Toute fille qui n\u2019arrive pas \u00e0 faire des choix bien d\u00e9cid\u00e9s sur son avenir et pouvoir dire si elle veut et ne veut pas est une mineure. Cette fille peut avoir 17,18, 20 ans, mais encore une fois ce n\u2019est pas un crit\u00e8re d\u00e9terminant, ce sont plut\u00f4t les comp\u00e9tences psychologiques et sociales n\u00e9cessaires pour lui permettre de d\u00e9cider de son avenir. Cette fille doit \u00eatre capable de s\u2019extirper de l\u2019emprise de la soci\u00e9t\u00e9 locale qui veut d\u00e9cider \u00e0 sa place, pour ne pas subir un mariage forc\u00e9\u00bb.<\/span><\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; \u00c9crit par\u00a0Salaheddine LEMAIZI\u00a0Publication : 13 f\u00e9vrier 2018, paru sur\u00a0les\u00e9co Dans les villages de la province d\u2019Azilal, l\u2019association Voix de la femme amazighe (VFA) m\u00e8ne une campagne de sensibilisation et de plaidoyer pour mettre fin aux mariages des mineures.\u00a0 Nous sommes en 2018, les villages d\u2019Azilal continuent de vivre une autre \u00e9poque, hors du temps [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"featured_media":560,"template":"","nproject-category":[54],"nproject-tag":[],"class_list":["post-544","nproject","type-nproject","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","nproject-category-lutte-contre-le-mariage-des-mineures"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/imsli.org.ma\/new\/wp-json\/wp\/v2\/nproject\/544","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/imsli.org.ma\/new\/wp-json\/wp\/v2\/nproject"}],"about":[{"href":"https:\/\/imsli.org.ma\/new\/wp-json\/wp\/v2\/types\/nproject"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/imsli.org.ma\/new\/wp-json\/wp\/v2\/media\/560"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/imsli.org.ma\/new\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=544"}],"wp:term":[{"taxonomy":"nproject-category","embeddable":true,"href":"https:\/\/imsli.org.ma\/new\/wp-json\/wp\/v2\/nproject-category?post=544"},{"taxonomy":"nproject-tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/imsli.org.ma\/new\/wp-json\/wp\/v2\/nproject-tag?post=544"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}